LA THEORIE D'ELLIOTT

CHAPITRE 13: utilisation des indicateurs

Les bandes de Bollinger

 

 

L'analyse technique utilise de nombreux outils, appelés souvent indicateurs, pour établir des prévisions quant au comportement futur des actions. L'étude de ces indicateurs est souvent un complément précieux idéal aux prévisions Elliotistes pour conforter les hypothèses sur les fins de vagues, c'est à dire pour répondre à la question "la vague x est-elle terminée ?".

Je vous propose donc de continuer (après le chapitre 12 consacré à l'indicateur de momentum) de balayer quelques-uns de ces indicateurs que vous retrouverez facilement sur la plupart des logiciels d'analyse technique ainsi que sur la plupart des sites web qui permettent la consultation des cours de bourse.

Ce chapitre vous propose d'examiner un indicateur très efficace, notamment en période volatilité: les bandes de Bollinger.

 

1) Les bandes de Bollinger

Les bandes de Bollinger, du nom de leur inventeur John Bollinger, sont constituées de 3 courbes:

- une moyenne mobile sur n périodes appelée moyenne mobile de Bollinger,

- une courbe appelée bande supérieure de Bollinger qui est calculée à partir d'un écart correspondant à + 2 écarts types des cours avec la moyenne mobile à n périodes,

- une courbe appelée bande inférieure de Bollinger qui est calculée à partir d'un écart correspondant à - 2 écarts types des cours avec la moyenne mobile à n périodes.

Les bandes de Bollinger sont donc deux courbes placées à une distance fixe de 2 écarts types de part et d'autre de la moyenne mobile sur n périodes.

Ces 3 courbes forment donc une epèce de canal plus ou moins large qui suit le cours de l'action en fonction de son écart type, donc en fonction de sa volatilité.

Les bandes de Bollinger utilisent le plus souvent une moyenne mobile sur 20 périodes. Nous utiliserons donc par la suite systématiquement des bandes de Bollinger à 20 bourses.

2) Utilisation des bandes de Bollinger

Les enseignements les plus importants des bandes de Bollinger sont les suivants:

- un resserrement des bandes de Bollinger est souvent annonciateur d'une inversion de tendance de l'action. Ainsi, après une baisse prolongée de l'action, tout resserrement des bandes de Bollinger indique l'arrivée prochaine d'un retournement à la hausse de l'action.
De même, après une hausse prolongée de l'action, tout resserrement des bandes de Bollinger indique l'arrivée prochaine d'un retournement à la baisse de l'action.
Toute mise en évidence de resserrement des bandes de Bollinger est donc utile pour confirmer la fin d'une vague d'Elliott.

- lorsque le cours de l'action vient au contact d'une bande inférieure de Bollinger, cette action va alors normalement se diriger vers la bande opposée de Bollinger, c'est à dire vers la bande supérieure de Bollinger.
De même, lorsque le cours de l'action vient au contact d'une bande supérieure de Bollinger, cette action va alors normalement se diriger vers la bande opposée de Bollinger, c'est à dire vers la bande inférieure de Bollinger.
Toute constatation d'un contact de l'action sur une des deux bandes de Bollinger est donc utile pour confirmer la fin d'une vague d'Elliott.

- lorsque le cours de clôture de l'action vient faire un plus bas à l'extérieur de la bande inférieure de Bollinger, puis un nouveau plus bas à l'intérieur de cette bande, on peut alors s'attendre à un retournement majeur à la hausse de l'action.
De même, lorsque le cours de clôture de l'action vient faire un
plus haut à l'extérieur de la bande supérieure de Bollinger, puis un nouveau plus haut à l'intérieur de cette bande, on peut alors s'attendre à un retournement majeur à la baisse de l'action.
En fait, dès que l'action clôture
à l'extérieur des bandes de Bollinger, il faut s'attendre à un retournement dans la plupart des cas, même si l'action ne vient pas réaliser un nouveau plus haut ou plus bas à l'intérieur des bandes de Bollinger.
Toute constatation de ce phénomène est donc utile pour confirmer la fin d'une vague d'Elliott.

 

3) Illustration des 3 enseignements supra

Sur l'exemple ci-dessous, on peut observer les 3 enseignements décrits au paragraphe 2 sur l'action CARREFOUR. Ce graphe est un graphe à points qui permet de bien mettre en évidence les cours de clôture de l'action, et donc de bien détecter les sorties du cours à l'extérieur des bandes de Bollinger.

 

 

Les resserrements des bandes de Bollinger sont (par exemple) visibles mi-août 99, confirmant ainsi la fin de la vague (4) annoncée par Elliott début Août 99. Ces resserrements sont aussi visibles fin octobre 99, confirmant ainsi la fin de la vague 2 annoncée par Elliott, et fin février, laissant ainsi présager la fin de la vague (C). Vous pourrez facilement trouver par vous-mêmes d'autres resserrements sur le dessin qui n'apparaissent pas pour ne pas surcharger le dessin. Vous remarquerez surtout la faculté d'anticipation des vagues d'Elliott qui réussissent à déterminer en avance ces resserrements de bandes.

Les contacts sont particulièrement visibles sur la vague (4) qui vient toucher la Bollinger basse pour rapidement atteindre la Bollinger haute à un niveau proche de la fin de la vague (1). De même, les contacts des vagues (A), (B) et (C) sont particulièrement nets. Ainsi, quand l'action a terminé sa vague (5), on savait de suite que la bande basse de Bollinger allait être l'objectif de la vague (A). De même, lorsque la vague (A) a heurté la Bollinger basse, on savait alors que la bande haute de Bollinger allait être l'objectif de la vague (B). Idem pour la vague (C).

Les plus bas à l'extérieur de la bande inférieure de Bollinger suivis d'un plus bas à l'intérieur de cette bande ne peuvent pas être constatés sur cet exemple. Il en est de même pour les plus hauts. Par contre, la clôture à l'extérieur de la bande inférieure de Bollinger constatée début août 99 à la fin de la vague (4) (et repéré sur mon graphe par la lettre S1, pour Sortie 1) annonce un retournement de tendance important à la hausse (hausse de 58 %!) et confirme donc la prévision Elliotiste de début d'une vague (5) .

De même la clôture à l'extérieur de la bande supérieure de Bollinger constatée fin novembre 99 à la fin de la vague (5) (et repéré sur mon graphe par la lettre S3, pour Sortie 3) annonce un retournement de tendance important à la baisse (plus de 30% de baisse !) et confirme ainsi la prévision Elliotiste de début d'une correction majeure avec trois vagues (A), (B) et (C). Le même phénomène peut aussi être constaté sur la vague 1.

Par contre, la clôture à l'extérieur de la bande supérieure de Bollinger constatée fin octobre 99 à la fin de la vague (3) (et repéré sur mon graphe par la lettre S2, pour Sortie 2) a été suivie d'une faible correction; mais cette sortie a quand-même annoncé la vague (4) prédite par Elliott ! Donc, même si le mouvement qui suit une sortie de Bollinger n'est pas violent, il est par contre très utile à l'Elliotiste pour conforter son calcul des vagues; sinon, qui aurait pû trouver la présence d'une vague (4) de si faible amplitude à cet endroit là ? Merci à Bollinger pour son aide complémentaire précieuse ! On remarque là toute la puissance de l'utilisation d'autres indicateurs en complément d'Elliott !

Dorénavant, je ferai donc apparaître cet indicateur en complément du cours de l'action. Vous verrez qu'à l'usage cet indicateur peut être très pratique pour confirmer les prévisions Elliotistes. En fait, tout usage d'indicateurs complémentaires est très utile à la prévision Elliotiste.

Remarque: pour déterminer si une action clôture à l'extérieur d'une bande de Bollinger, il faut bien examiner la position du petit trait horizontal situé sur la partie droite du bar chart: il symbolise le cours de clôture. Le petit trait horizontal situé sur la partie gauche symbolise quant à lui le cours d'ouverture.

 

 

 

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